L’économie numérique au Congo : Le grand défi de l’accompagnement et de la confiance

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Alliamore nkaba atsama - Consultant digital

Face à une situation économique nationale complexe, le numérique s’impose comme le levier de croissance indispensable pour la République du Congo (2:09). Cependant, pour que ce secteur devienne un véritable moteur du PIB, des réformes structurelles urgentes s’imposent (2:17). C’est le constat dressé par Alliamore NKABA ATSAMA, Responsable Projets et Clients chez BanakPluriels Congo, lors d’une interview sans concession (0:26) donnée en 2018 face au journaliste du « Journal de Brazza ». 

Le E-business et le E-commerce : Au-delà des outils

Le e-business ne se résume pas à l’utilisation passive d’outils technologiques (1:37). Il s’agit de la réalisation globale d’affaires via des supports électroniques et digitaux (1:44). Si l’environnement congolais se montre particulièrement ouvert à cette transition, notamment pour briser l’isolement des producteurs locaux en leur offrant une visibilité nationale (de Ouesso à Brazzaville), les conditions optimales de réussite manquent encore à l’appel (3:13).

Pour transformer un simple outil numérique en un commerce générateur de valeur, trois piliers doivent fonctionner ensemble : l’accessibilité au produit, la facilité de paiement (notamment via le Mobile Money) et un service de livraison fiable, ce dernier restant encore à développer sérieusement au pays (10:03).

Financement et fiscalité : Les deux barrières des Start-ups

Le dynamisme de la jeunesse congolaise est réel, mais il se heurte à des réalités économiques strictes (3:55). Selon Alliamore Nkaba, créer une application ne suffit pas à faire un business plan viable (3:55). Les jeunes entrepreneurs ont un besoin crucial d’un accompagnement financier concret (4:31).

  • Le besoin d’un fonds de garantie : À l’instar de pays comme l’Île Maurice, le Congo doit mettre en place un fonds de garantie étatique (estimé à 1 ou 2 milliards de FCFA sur deux ans) (4:02). Ce fonds permettrait aux banques commerciales d’octroyer des crédits (de 2 à 10 millions de FCFA) aux start-ups pour financer leur déploiement commercial et leur communication (4:09).
  • La clarté fiscale : La peur des taxes paralyse l’intégration des jeunes dans le secteur formel (6:29). Le Code Général des Impôts reste mal vulgarisé (6:34). Contrairement aux grandes entreprises qui disposent d’experts pour négocier des exonérations sur plusieurs années, les jeunes créateurs n’ont pas les moyens de s’offrir ces conseils (6:46). L’État doit donc faciliter l’accès aux avantages fiscaux pour la jeunesse (6:41).

Créer un environnement de confiance réciproque

Le développement de l’économie numérique repose avant tout sur l’organisation de son écosystème (10:29). Les banques hésitent aujourd’hui à prêter aux acteurs du secteur privé informel par manque de traçabilité des revenus et des personnes (14:08). Une meilleure structuration étatique – comme des mécanismes de localisation et de signalisation précis via le ministère de l’Intérieur – permettrait de rassurer les investisseurs (14:22). Plus l’environnement sera organisé, plus la confiance s’installera, libérant ainsi les investissements privés (14:54).

L’appel à la jeunesse : Apprendre un métier et persévérer

En conclusion, Alliamore Nkaba rappelle que l’entrepreneuriat ne souffre aucune improvisation (15:18). Il exhorte la jeunesse congolaise à se former durablement, à rejeter le mirage des expertises obtenues en quelques mois, et à s’armer de foi pour surmonter les difficultés du quotidien (15:26).

Le développement du Congo ne dépendra ni des seuls efforts du gouvernement, ni des investissements étrangers, mais bien de la capacité de chaque Congolais à bâtir sa propre valeur ajoutée (7:19).

Suivre l’interview de monsieur Alliamore



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